Je suis anéanti et profondément en colère, réveillé ce jeudi avec un sentiment de désespoir.
Je me suis posé beaucoup de questions : comment peut on violer et décapiter une fillette de 5 ans ? Une fillette de cinq ans. Cinq ans.
À cet âge, on apprend à compter, à rêver, à faire confiance aux adultes. Cette confiance est sacrée. Lorsqu’elle est trahie, ce n’est pas seulement une vie qui est brisée. C’est notre conscience collective qui est atteinte.
Le drame de l’assassinat de la petite D. Sow à Kahone n’est pas un fait divers. C’est une nouvelle gifle à notre indifférence, à notre manque d’humanisme. Au Sénégal, nous devons reconnaitre que nous avons failli dans la protection nos enfants. La preuve : le silence assourdissant sur l’affaire des talibés abusés et contaminés de VIH par les réseaux homosexuels. Aucune levée de boucliers, aucune réaction officielle des autorités en charge de l’enfance.
Encore une fois, j’interpelle directement nos hautes autorités : Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, combien faudra-t-il encore de tragédies pour faire de la protection de l’enfance une priorité nationale absolue ?
Un élément me glace dans l’assassinat de la petite D.Sow, son oncle de bourreau était drogué. Voilà à quoi mène une hypocrisie de notre société. La drogue circule dans nos quartiers. Elle détruit les repères, désinhibe la violence et transforme des fragilités en catastrophes.
Monsieur le Président de la République, la lutte contre la drogue n’est plus seulement une question de sécurité. C’est une question de survie et sécurité de nos enfants.
Nous comptons sur vous, Monsieur le Président, pour prendre des actions ci-après :
– le déclenchement d’un plan national d’urgence pour la protection de l’enfance ;
– d’une traque implacable des réseaux de drogue ;
– de mécanismes de signalement accessibles ;
– de sanctions appliquées avec fermeté.
Le plus grand danger, Monsieur le Président, serait de nous habituer à cette normalisation de l’horreur.
Refusons cette normalisation de l’horreur. Parce que nos enfants méritent mieux et notre pays doit faire mieux.